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Espace : le télescope Swift de la NASA devrait retomber sur Terre vendredi après 22 ans en orbite

Le télescope spatial Swift de la NASA, lancé en novembre 2004 pour observer les phénomènes les plus violents de l’Univers, devrait effectuer sa rentrée dans l’atmosphère terrestre vendredi 6 novembre 2026. Selon les prévisions de l’armée de l’air américaine, sa chute a été accélérée par l’intense activité solaire de ces dernières années. Si la majorité de l’appareil devrait se désintégrer, certains débris pourraient atteindre la surface terrestre.

Le télescope Swift de la NASA arrive au terme de sa mission

Après près de 22 années passées en orbite, le télescope Swift s’apprête à achever son parcours spatial. Lancé le 20 novembre 2004, cet observatoire avait pour principale mission d’étudier les sursauts gamma, les explosions d’étoiles et d’autres phénomènes astrophysiques particulièrement énergétiques.

D’après les estimations de l’armée de l’air américaine, l’engin spatial devrait pénétrer dans l’atmosphère terrestre vendredi. Sa masse, estimée à environ 1,5 tonne, soulève toutefois des interrogations concernant les débris susceptibles de résister aux températures extrêmes de la rentrée atmosphérique.

Des fragments pourraient survivre à la rentrée atmosphérique

Selon Brad Cenko, scientifique en chef de la mission à la NASA, la majeure partie du télescope devrait brûler lors de sa traversée de l’atmosphère.

Néanmoins, certains composants particulièrement résistants pourraient atteindre le sol. Il s’agit notamment de pièces fabriquées en tungstène, un métal plus dense que le plomb, ainsi que de certains éléments du miroir de l’instrument.

Les scientifiques estiment que les fragments survivants ont de fortes chances de tomber dans l’océan, qui recouvre environ 71 % de la surface terrestre.

La zone potentielle de rentrée atmosphérique reste cependant étendue. Elle comprend notamment de vastes régions d’Afrique, d’Australie, d’Inde, d’Asie du Sud-Est, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud.

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La localisation exacte des éventuels impacts demeure donc incertaine.

L’activité solaire a précipité la chute du télescope

La fin de la mission Swift intervient plus rapidement que prévu en raison de l’activité particulièrement intense du Soleil au cours des dernières années.

Les variations de l’activité solaire peuvent provoquer une expansion des couches supérieures de l’atmosphère terrestre. Ce phénomène augmente la résistance rencontrée par les satellites évoluant en orbite basse, accélérant progressivement leur perte d’altitude.

Swift a subi les conséquences de cette évolution. À la fin du mois d’octobre, le télescope évoluait à une altitude devenue insuffisante pour maintenir une trajectoire stable. Ses systèmes ont alors été mis hors service.

Une fin jugée « catastrophique » par un responsable scientifique

John Nousek, astronome à l’Université d’État de Pennsylvanie et responsable de l’équipe de contrôle du télescope, a évoqué auprès d’ABC News une issue connue depuis le début du programme.

«Nous savions que ce jour arriverait avant même le lancement de Swift. Du moins en orbite terrestre basse, tout ce qui monte doit redescendre. Et cette fin est catastrophique», a-t-il déclaré.

Cette situation illustre les difficultés rencontrées pour prolonger la durée de vie des satellites scientifiques lorsque leur orbite devient trop basse.

Une opération de sauvetage spatial qui n’a pas abouti

Face à la dégradation de l’orbite du télescope, la NASA avait engagé une tentative de sauvetage avec l’entreprise américaine Katalyst Space.

Un contrat avait été confié à cette société environ un an auparavant afin de mettre en œuvre une intervention robotisée d’urgence.

L’opération reposait sur un engin baptisé Link, équipé de trois bras robotisés et conçu pour intervenir à proximité du télescope.

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Cependant, après son lancement en juillet, le robot a rencontré plusieurs difficultés techniques. Il n’a finalement pu s’approcher qu’à environ 12 kilomètres de Swift, une distance insuffisante pour réaliser l’intervention envisagée.

Link est revenu sur Terre en septembre, mettant fin aux espoirs de prolonger la mission du télescope.

Swift laisse un héritage scientifique majeur après deux décennies

Malgré cette fin de mission, Swift restera l’un des observatoires spatiaux ayant contribué de manière significative à l’étude des phénomènes cosmiques les plus énergétiques.

La NASA souligne que le télescope «a révolutionné notre compréhension des événements à haute énergie et a montré comment ils peuvent éclairer tout, des naissances de trous noirs à l’histoire de l’univers primordial».

L’agence spatiale américaine insiste également sur sa capacité exceptionnelle à réagir rapidement aux événements astronomiques.

«Ses capacités de réponse rapide en ont fait l’un des premiers intervenants de l’astronomie, alertant les observatoires du monde entier sur des événements cosmiques éphémères et contribuant à inaugurer l’ère de l’astronomie multi-messagers», a-t-elle ajouté.

Plus de 2 000 sursauts gamma observés

Au cours de sa carrière scientifique, Swift a permis d’étudier un nombre considérable de phénomènes célestes.

Son bilan comprend notamment plus de 2 000 sursauts gamma et 1 400 explosions stellaires. Ses instruments ont également observé des comètes, des astéroïdes et des trous noirs déchirant des étoiles sous l’effet de leur attraction gravitationnelle.

L’une des principales innovations de Swift résidait dans sa capacité à modifier rapidement son orientation pour observer des événements transitoires, parfois visibles pendant seulement quelques secondes.

Cette réactivité, à l’origine de son nom, a permis de coordonner les observations de nombreux télescopes terrestres et spatiaux.

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Une mission historique qui s’achève

La rentrée atmosphérique annoncée de Swift marque la conclusion de plus de deux décennies d’exploration scientifique. Malgré l’échec de l’opération destinée à prolonger sa présence en orbite, le télescope laisse derrière lui une importante collection d’observations qui continueront d’alimenter les recherches sur les trous noirs, les explosions stellaires et l’évolution de l’Univers.

Albert Camus

Albert Camus est rédacteur pour futur-en-seine.paris. Il couvre l’actualité, la politique, l’économie, la technologie, le sport et les sujets de société. Son objectif est de fournir des informations claires, fiables et accessibles, en mettant en lumière les événements, les tendances et les sujets qui intéressent les lecteurs.

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