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des chiffres de plus en plus alarmants sur les cartes et les graphiques

La deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 est là, et elle est là: tous les chiffres de la maladie montrent une situation particulièrement alarmante.

Tout d’abord, le taux d’incidence. Cet indicateur mesure le nombre de nouveaux cas pour 100 000 habitants au cours des sept derniers jours. Il s’agit de données «récentes», c’est-à-dire qu’elles donnent une idée de la situation avec, au pire, quelques jours de retard sur les contaminations elles-mêmes.

De 53,3 en Charente-Maritime à … près de 700 en Loire

Entre autres critères, il est inquiétant lorsqu’il dépasse 250, et 150 pour les plus de 65 ans. Mais aujourd’hui, il se situe – au niveau national – à 250. Avec de fortes disparités: il n’est donc que de 53,3 en Charente-Maritime, mais approche 700 dans le département de la Loire, et même 800 pour la seule ville de Saint-Etienne, comme le montre la carte ci-dessous:

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Globalement, toutes les grandes métropoles affichent un taux d’incidence élevé, ainsi que les départements les plus densément peuplés, même si certains secteurs affichent un certain «retard» par rapport à leurs voisins.

Cette deuxième carte, commune par commune, montre clairement l’aspect uniforme des contaminations dans le pays:



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Trois critères sont utilisés pour définir les mesures de restriction. Concrètement, il s’agit du taux d’incidence général, du taux d’incidence pour les plus de 65 ans (plus à risque) et de la saturation des lits de réanimation.

Outre les départements et villes déjà concernés, de nombreux territoires affichent des chiffres bien au-dessus des limites, comme le montre le tableau ci-dessous:

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Des mesures ont permis d’augmenter la capacité de réanimation, comme en mars (48 lits dans les Hautes-Alpes au plus fort de l’épidémie), mais ce n’est pas durable dans le temps. D’autant que les transferts entre régions s’annoncent plus compliqués (lire ci-dessous).

Plus de 41000 nouveaux cas ce jeudi

Le nombre de patients hospitalisés, y compris les patients placés en réanimation, est une donnée «décalée»: les patients arrivent à l’hôpital deux à trois semaines après leur infection.

Ces chiffres sont donc un «instantané» de l’épidémie qui a frappé le pays… il y a plusieurs semaines.

Cependant, chaque jour depuis, le nombre de contaminations augmente fortement, pour s’installer durablement à plus de 20 000 cas quotidiens. Et même établi un record européen ce jeudi avec plus de 41 000 cas en 24 heures.

Le plus vieux infecté à nouveau

De plus, cet été, ces contaminations frappent principalement les jeunes, moins à risque. Mais ce n’est plus le cas: au cours des sept derniers jours, près de 170 000 personnes ont été testées positives, dont plus d’un tiers avaient 50 ans et plus.

Comme l’explique le spécialiste des maladies infectieuses et épidémiologiste Didier Pittet, les cas ont triplé chez les plus de 65 ans en seulement six semaines:

Cela se reflète à l’hôpital, où le nombre de patients dans tous les groupes d’âge augmente:

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Même scénario en réanimation, alors que les patients qui s’y trouvent actuellement ont été infectés il y a au moins deux semaines, alors que «seulement» quelque 5 000 cas par jour ont été enregistrés:

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Avec pour conséquence, sans surprise, que le nombre de décès quotidiens a de nouveau explosé: lorsque les nouveaux infectés avaient pour la plupart moins de 50 ans, la mortalité restait faible, comme en août.

De plus en plus de morts chaque jour

Depuis, le nombre de morts augmente chaque jour, avec plus de 100 décès quotidiens au cours des cinq derniers jours, et même plus de 160 les quatre derniers, comme le montre ce graphique:

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La semaine du 12 au 18 octobre a vu 764 décès dus à un covid, en hausse de plus de 40% par rapport à la semaine précédente. Cette semaine, avec un taux de plus de 150 décès par jour, devrait dépasser 1000, voire 1100. L’augmentation est exponentielle.

Il y a aussi deux données à ne pas négliger: au printemps, l’épidémie touche principalement trois régions du nord-est de la France, et dans une moindre mesure les Alpes. Dès lors, d’importants transferts de patients ont pu avoir lieu, afin de soulager la congestion des hôpitaux les plus touchés. Mais cette baisse, la France est touchée de manière beaucoup plus uniforme, ce qui fait craindre une saturation générale des services de santé.

Épidémies hivernales en embuscade

Enfin, lorsque la covid-19 est apparue fin janvier, et lorsqu’elle s’est propagée, en mars et avril, nous sortions de l’hiver – et de ses épidémies saisonnières.

Mais cette deuxième vague frappe au début de l’automne, même si la grippe, la gastro-entérite et autres maux hivernaux risquent d’augmenter la congestion dans les hôpitaux … Surtout en l’absence d’enfermement, ou de détente. du côté des gestes barrières.

Ainsi, selon projections d’hospitalisation pour Covid réalisé par l’Institut Pasteur de Santé Publique France, édité par Les Echos, plus de la moitié des lits de réanimation devraient être occupés par des patients Covid en neuf jours … au niveau national.

Projections très inquiétantes en soins intensifs

Alors que l’autre moitié risque d’être affectée par des patients souffrant d’autres pathologies …

> Si la carte ci-dessus n’apparaît pas, cliquez ici

«Dans le scénario de référence où le taux de croissance des hospitalisations dans les régions reste similaire à celui observé au cours des 14 derniers jours, on s’attend à ce qu’au 1er novembre, la proportion de lits d’hospitalisation de réanimation occupés par des patients covid-19 soit 52% en France métropolitaine, 90% en Auvergne-Rhône-Alpes, 78% en Bourgogne-Franche-Comté, 55% en Hauts-de-France, 66% en Île-de-France, 63% en Occitanie et 50% dans le Centre- Val de Loire », écrivent des chercheurs de l’Institut Pasteur.

Capacité saturée à partir du 1er novembre?

Voilà pour le scénario «central» signalé par l’Institut Pasteur mais qui n’est pas le pire: sur la base des 7 derniers jours, qui traduisent une plus grande accélération de l’épidémie, le taux d’occupation des lits. la réanimation grimperait à 63% au niveau national, et dépasse nettement sa capacité en Bourgogne-Franche-Comté (130%) et Auvergne-Rhône-Alpes (121%).

Delphine Perrault

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