Economy

L’OPEP et la Russie signent un accord fragile

Après quatre jours de tergiversations et des dizaines d’appels téléphoniques entre ministres, le cartel des pays pétroliers a finalement trouvé, jeudi soir 3 décembre, un accord pour tenter d’éviter une chute des prix du pétrole. Mais cet «accord» alambiqué est loin de garantir que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) sera en mesure de contrôler la volatilité des prix à moyen terme. Dans l’immédiat, il semble avoir rassuré le marché, le niveau du baril de Brent, qui se réfère au niveau mondial, était même légèrement plus élevé, à 48 dollars (39,50 euros), jeudi.

Les pays du cartel, la Russie et une dizaine d’autres pays producteurs de pétrole sont unis dans le cadre de l’alliance dite «OPEP +», qui met en œuvre, depuis 2016, une politique de quotas par pays. L’accord conclu jeudi prolonge cette orientation, permettant une légère augmentation de la production de 1est Janvier 2021. Le consensus – trouvé avec difficulté – prévoit également des réunions mensuelles des pays producteurs de pétrole pour suivre l’application de l’accord et son éventuel renouvellement. Un débouché auquel les observateurs ne s’attendaient pas, et qui illustre clairement les faiblesses de l’alliance OPEP +.

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Depuis mars, le marché mondial du pétrole subit un choc majeur. D’abord, les premières mesures de confinement en début d’année, en Chine, puis en Europe et aux États-Unis, ont conduit à une baisse de la consommation sans précédent. En avril, il a baissé de 30%, soit 30 millions de barils par jour consommés de moins.

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Surtout, cette crise sanitaire s’est accompagnée d’une guerre des prix fulgurante entre les deux principaux moteurs de l’alliance OPEP +, l’Arabie saoudite et la Russie. Incapables de se mettre d’accord sur la réponse à la crise, début mars, les deux pays ont augmenté leur production et baissé leurs prix. Cette guerre commerciale fulgurante a fait baisser fortement les prix: un baril de Brent, qui fait référence au niveau mondial, a atteint 16 dollars en avril, et le prix sur le marché américain a même connu un épisode de prix négatifs : Le 21 avril, le pétrole s’échangeait brièvement à – 37 $ le baril.

Certains États n’ont pas vraiment respecté les restrictions

Depuis, sous la pression directe de Washington, un accord, toujours sans précédent, a été conclu fin avril. Les pays de l’OPEP + se sont engagés à réduire drastiquement leur production. Ils ont retiré plus de 9,7 millions de barils par jour du marché en mai et juin. Une grande partie de cet effort a été assumée par l’Arabie saoudite et la Russie, qui ont chacune coupé 2,5 millions de barils. L’accord initial OPEP + prévoyait un «retour à la normale» progressif: en septembre, les réductions ont été réduites à 7,7 millions de barils par jour. Et, à 1est Janvier 2021, ces quotas devaient encore être réduits à 5,8 des millions. Mais ce plan ne prévoyait pas une deuxième vague de la pandémie Covid-19, et donc pas de nouvelle baisse de la consommation.

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Thierry Dufour

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