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Brexit: le coup d’État de Londres pour renverser la pression

Publié le Dec.2020 à 11:38Mis à jour le 4 décembre 2019 2020 à 11:48

Retourner à l’expéditeur. Alors que l’UE a fait savoir ces derniers jours qu’elle pas loin d’avoir concédé tout ce qu’elle pouvait , laissant entendre qu’il appartenait désormais aux Britanniques de bouger, Londres vient de lancer sa contre-attaque … en accusant, à travers une offensive coordonnée, le camp européen et en particulier la France d’avoir ajouté de nouvelles revendications dans les pourparlers de dernière minute – ” à la onzième heure “, disent les Anglais.

La meilleure défense étant l’attaque, le camp britannique cherche donc à soulager la pression qui pèse sur lui pour faire les derniers mètres nécessaires à la conclusion d’un accord. Le camp européen rejette toute nouvelle demande, mais reconnaît que le ton s’est maintenant durci.

Echanges de courtoisies

Résultat de ces échanges de courtoisies: les chances de parvenir à un accord d’ici la fin du week-end se sont réduites. Certains évoquent désormais la perspective d’un accord potentiel vers lundi ou mardi, juste avant le sommet européen qui s’ouvre jeudi à Bruxelles.

Le coup d’État britannique, réel ou partiellement mis en scène, est la suite logique d’une séquence médiatique au cours de laquelle les Européens semblaient avoir pris le contrôle. Depuis une semaine en effet, plusieurs pays de l’UE ont adressé le même message à la presse. Par des conversations loin des microphones et sous le sceau de la confidentialité, ils menaçaient: maintenant, C’était au tour de Londres de bouger , les Européens étant déjà allés aussi loin que possible de leur marge de manœuvre.

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Ascension de l’Everest

Jeudi, une source diplomatique européenne de premier plan a averti: “Nous sommes à quelques millimètres des lignes rouges que nous nous sommes fixées, et peut-être sommes-nous déjà au-dessus”. Alors qu’une émotion agite les observateurs depuis plusieurs jours, et que des promesses d’accord imminent sont constamment émises par diverses sources politiques, a affirmé ce diplomate. “Ne pensez pas à être à quelques heures d’un accord, car il y a encore des différences importantes à combler”. Une autre source européenne a abondé, citant les 10% restants de la négociation comme équivalant à “Les 500 derniers mètres de l’ascension de l’Everest qui sont, de loin, les plus difficiles”.

Manifestation la plus claire à ce jour de l’intransigeance européenne, c’est Clément Beaune qui l’a donnée vendredi matin. Interrogé par Europe 1, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes a assuré que la France, en cas d’accord trop accommodant pour Londres, n’hésiterait pas à opposer son veto. “S’il y avait une affaire qui n’était pas bonne […] nous nous y opposerions », a-t-il assuré, rappelant que “Chaque pays a le droit de veto”.

La ligne droite sans fin

S’il est difficile de distinguer, dans ce contexte, ce qu’est la posture et ce qui reflète de réelles préoccupations, une certitude se dégage de cette effervescence: le coup de pouce, tant attendu depuis des semaines, est désormais bel et bien le. Mais, la stratégie nécessite , personne ne sait combien de temps cela durera …

Alexandre Counis et Gabriel Grésillon (Correspondants à Londres et Bruxelles)

Lothaire Hébert

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