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Les réfugiés éthiopiens affluent par dizaines de milliers vers des camps de fortune au Soudan

Dans un nuage d’échappement, un camion chargé de réfugiés éthiopiens arrive au camp soudanais d’El Hashaba. Avec son enfant sous le bras, une femme décharge des bidons vides. Un vieil homme, écharpe nouée sur la tête, dénoue les liens des trois chèvres qu’il a emportées avec lui. Fuyant les coups de feu et les bombardements, ces familles ont descendu la rivière Tekezé jusqu’au poste frontière de Hamdayet, aux frontières de l’Érythrée, du Soudan et de l’Éthiopie. Puis, entassés dans une roulotte, ils ont parcouru les 20 kilomètres de piste qui séparent leur pays de ce village sillonné de casernes en béton. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), plus de 27600 personnes sont arrivées au Soudan en ambulances, tracteurs, tuk-tuks, ou simplement à pied, depuis le début de l’offensive des forces fédérales éthiopiennes contre la région séparatiste. de Tigray le 4 novembre.

Les combats ont éclaté après des mois de tensions entre le gouvernement d’Abiy Ahmed et le Front de libération du peuple du Tigray (TPLF), un parti qui a contrôlé pendant trente ans l’appareil politique et sécuritaire éthiopien. Dimanche 15 novembre, les forces tigréennes ont revendiqué la responsabilité de plusieurs attaques contre l’Érythrée, qu’elles accusent d’aider les forces éthiopiennes. Deux jours plus tard, l’armée fédérale a mené une offensive aérienne à la périphérie de Mekele, la capitale du Tigray. Les médiations tentent de s’organiser pour éviter une escalade qui déstabiliserait toute la Corne de l’Afrique.

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Craignant que le conflit ne dégénère sur son territoire, le Soudan a déployé une garnison d’environ 6 000 soldats dans la zone frontalière où affluent les réfugiés. Sous la surveillance d’un militaire perché sur une roulotte, des faucilles, des ciseaux ou des barres de fer emportés par les déplacés sont confisqués à l’arrivée à El Hashaba, afin d’éviter des affrontements dans le camp.

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“Je me suis enfui de la main ensanglantée”

Les réfugiés ici sont majoritairement des Tigréens. Ils affirment avoir été pris entre l’armée fédérale éthiopienne dans le sud et les forces érythréennes dans le nord. “Les milices Amhara [venues de la région frontalière] nous a également persécutés. Ils profitent de notre exil pour s’approprier nos terres et voler nos récoltes «, Accuse Aragawi Hagos. Cet homme de 45 ans, blessé à la tête, raconte son arrivée à Mai-Kadra, ville frontalière où des dizaines de civils ont été massacrés, selon Amnesty International. On ne sait pas pour le moment qui était responsable du meurtre. «Il y avait encore des affrontements entre des groupes de jeunes, certains armés de machettes, de bâtons ou de pierres. Ce n’étaient pas des soldats qui combattaient. Il était impossible de savoir qui frappait qui. J’ai été battu, puis les gens sont intervenus », se souvient le réfugié.

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Benoit Béringer

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