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Vélos à assistance électrique: faut-il acheter dans les supermarchés?

600 €, 500 € voire moins de 400 € … les supermarchés baissent régulièrement les prix des vélos électriques. Qu’y a-t-il derrière ces prix attractifs? Une bonne affaire ou de l’argent jeté par la fenêtre? Nous faisons le point …

La popularité des vélos à assistance électrique ne faiblit pas, le marché affichant toujours une croissance à deux chiffres en 2019 (+ 12,1% en volume, selon l’Observatoire du Cycle). Alors que le prix d’achat moyen est en augmentation (1749 € en 2019), on observe au contraire une tendance à la VAE à prix cassés, en particulier dans la grande distribution. Trois à quatre fois moins chers que l’entrée de gamme des grandes marques, ces vélos démocratisent l’assistance électrique, mais à quel prix? En avez-vous vraiment pour votre argent en sévissant contre ces vélos électriques promotionnels? Quels sont les pièges possibles? Passons en revue les points importants à prendre en compte lors de la recherche d’un vélo électrique, pour ne pas être déçu.

S’il y a quelques VTT là-bas, les vélos électriques vendus dans les supermarchés (supermarchés et hypermarchés) sont principalement des vélos de ville. La batterie se positionne ainsi facilement dans un porte-bagages, tandis que le moteur peut être soit sur la roue avant soit sur la roue arrière – principalement des moteurs moyeux et non des moteurs centraux (pédalier) quand on parle de vélos. moins de 1000 €. Alors pour environ 400 à 700 €, de quels vélos avons-nous affaire?

Vélos monteurs multimarques

Sans surprise, ces vélos d’assembleurs se retrouvent souvent dans plusieurs marques sous différentes marques. C’est ainsi qu’un vélo comme le Wayscral Everyway E50 vendu par Norauto se retrouve par exemple sous la marque Solar lors d’une promotion chez Intermarché (image ci-dessous). Même châssis, même moteur, mêmes composants de transmission … Les deux vélos sont en fait tous deux fabriqués par La Manufacture Française du Cycle (située à Machecoul près de Nantes), à laquelle on doit aussi les vélos Nakamura, marque d’Intersport (dontE-Fit 150 que nous avons testé), mais aussi les vélos de la marque Top Life distribués par Carrefour, par exemple. Une entreprise qui vend également des vélos électriques sous sa propre marque, à des prix similaires à ceux pratiqués par les supermarchés.

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Cette référence de vélo électrique est une bonne représentation des vélos que l’on peut trouver la plupart du temps à petits prix chez les marchands en ligne ou dans les grandes surfaces. On se retrouve face à un vélo équipé d’une transmission 6 vitesses bas de gamme et d’une assistance électrique 3 modes pilotée par un ordinateur de bord assez rudimentaire (sans écran ni affichage de la vitesse). Le moteur de moyeu arrière de 250 W développe un couple de 30 Nm, comme la plupart des moteurs de moyeu d’entrée de gamme. Le premier prix de Decathlon, leElops 120 E que nous avons pu essayer récemment, est également équipé d’un tel moteur (un peu plus de couple avec ses 36 Nm). Ne vous attendez pas à des miracles de sa part, l’assistance prend généralement du temps avant de démarrer, mais elle permet de gravir les côtes et c’est finalement tout ce que l’on attend d’un moteur aussi low cost qui ne vise pas les performances. Il est alimenté par une batterie 36 V d’une capacité de 7,8 Ah, pour une énergie fournie de seulement 280 Wh. On peut compter sur une petite trentaine de kilomètres d’autonomie avec une assistance maximale, si l’on se réfère aux résultats que l’on a obtenus lors de la tests des Btwin Elops 500 E et Elops 120 E; moins si le vélo est très chargé, vous roulez par temps froid et le gain d’altitude est important.

L’importance du couple et de la batterie

Comme nous l’avons vu lors de nos tests de vélos électriques à moteur moyeu (les vélos Btwin de Decathlon mentionnés ci-dessus, notamment), une puissance moteur trop faible peut annuler l’intérêt de l’assistance électrique, voire devenir contre-productive. Le vélo est en effet beaucoup plus lourd et s’il ne permet pas de gravir les côtes plus facilement, ses utilisations deviennent forcément beaucoup plus limitées.

Il faut également garder à l’esprit qu’une capacité de batterie trop faible peut devenir handicapante, car elle diminue en raison de l’usure naturelle de ses cellules. A moins d’être particulièrement vigilant sur l’utilisation de l’assistance et que vous n’ayez pas beaucoup de côtes à gravir, mieux vaut donc viser un minimum de 400 Wh d’énergie pour garder l’assurance de pouvoir rouler plus de 20 km par jour après quelques mois de vélo.

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C’est justement l’intérêt de monter en gamme sur ce type de vélo, puisque les batteries sont les premiers éléments à améliorer. Le cadre en profite également pour passer à l’aluminium, mais dans l’ensemble, il n’y a pas de miracle à attendre des autres composants de la moto. Les fiches techniques que nous avons étudiées sur les vélos entre 400 et 700 € sont similaires et nous restons dans l’entrée de gamme des équipementiers, avec des transmissions bas de gamme, peu robustes. Le problème est que les pièces ne sont pas toujours conçues pour résister aux sollicitations mécaniques induites par l’électrification du vélo. Les jantes et rayons d’un moteur moyeu arrière doivent en principe être renforcés pour mieux supporter le couple du moteur et le surpoids du vélo, tandis que les freins à patins montreront rapidement leurs limites en cas de pluie et s’useront plus rapidement (masse de vélo, vitesse moyenne plus élevée). Sauf si vous le connaissez, il est difficile de vérifier ces points lors de l’achat d’un vélo pour lequel le magasin donne très peu de caractéristiques techniques.

Tout dépend des usages

À partir de ces observations, nous pouvons définir les utilisations raisonnables de ces vélos électriques à bas prix. S’il s’agit de rouler occasionnellement sur de courts trajets avec peu de dénivelé, acheter un vélo d’entrée de gamme n’est pas forcément une mauvaise idée. L’effort requis est encore moindre qu’avec un vélo musclé conventionnel et cela peut réduire la tentation de quitter la voiture pour le moindre déplacement qui pourrait être fait à vélo.

Dans le contexte de l’usage quotidien, en revanche, pour aller travailler par exemple, la question est beaucoup plus discutable. Comme ces vélos sont constitués de composants d’entrée de gamme, ils ne sont pas toujours confortables à utiliser. Surtout, il faut s’attendre à des interventions de maintenance plus fréquentes: changement des chambres à air si les pneus ne sont pas suffisamment résistants à la crevaison, réglage du dérailleur, changement des plaquettes de frein en V, chaîne, cassette. .. Un entretien qui doit être fait quel que soit le prix du vélo, mais qui revient plus souvent dans le cas de pièces d’entrée de gamme qui sont facilement en panne.

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Le service après-vente en question

Ce qui nous amène à la question incontournable du service après-vente. Contrairement aux revendeurs spécialisés, les supermarchés proposent rarement des services de réparation. Bien que l’entretien régulier du vélo puisse être effectué chez n’importe quel revendeur de vélos, la réparation ou le remplacement de la batterie ou du moteur peut être beaucoup plus difficile. Pour cette raison, à moins que vous ne puissiez vous assurer de la disponibilité de ces deux composants essentiels d’un vélo électrique, il vaut mieux opter pour des vélos suivis dans le catalogue plutôt que d’autres qui n’apparaissent pas dans certains magasins qu’en fonction des promotions.

La réparabilité est cependant un critère essentiel pour ne pas transformer le vélo électrique en un produit jetable. L’électrification des vélos fait déjà l’objet de critiques, notamment en raison de la reglycation des batteries qu’elle implique, il est difficile de conseiller l’achat d’un modèle pour lequel le magasin n’assure pas la disponibilité des pièces détachées.

En fin de compte, que faire? Tout le monde ne peut pas se permettre un vélo électrique de 1500 € ou 2000 €, même si subventions locales ou prime d’achat nationale peut aider à réduire cette facture. Bien que vous ne deviez pas nécessairement éviter les vélos de grande distribution, vous devez être conscient de ce que vous achetez. Oui, un vélo électrique d’entrée de gamme peut apporter satisfaction pour une utilisation occasionnelle. En revanche, on ne peut que conseiller de se mesurer dans les attentes que l’on peut avoir d’un tel vélo. Il y a de bonnes affaires, mais pour la plupart, pas de miracle, un vélo électrique à 400 ou 500 € ne peut pas offrir l’homologation d’un modèle trois fois plus cher.

Thierry Dufour

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