Economy

Confinement: la bombe à retardement des congés payés pour les restaurateurs

C’est l’un des sujets brûlants au sommet de la pile des terribles tracas économiques des hôtels-restaurateurs et des cafetières. Un autre problème créé par la crise des coronavirus: l’accumulation de congés payés pour les employés à temps partiel pendant l’accouchement. «Depuis juin, le problème est là. Le gouvernement a été prévenu », déclare Hervé Becam, vice-président de l’Union de l’hôtellerie et de l’industrie (Umih), première organisation patronale du secteur. Au lendemain du premier accouchement, la question est en effet devenue virale dans la profession: comment accorder un congé dû au chômage partiel lorsque l’activité reprend, ou à défaut, payer ces jours dus lorsque les fonds sont vides?

Une facture de 150 millions d’euros

Avec la reconfiguration et les perspectives quasi nulles pour les restaurateurs de lever le rideau avant janvier voire février, l’inquiétude ne cesse d’augmenter. «C’est une bombe à retardement», déclare Didier Chenet, président du GNI (ex-Synhorcat; le groupement national des travailleurs indépendants de l’hôtellerie et de la restauration), le deuxième syndicat de la profession.

Si certains salariés qui sont retournés au travail cet été ont pu vendre leurs stocks, beaucoup d’autres sont restés en chômage partiel et le nombre de jours de congé générés, deux jours et demi par mois, a continué de s’accumuler. Cependant, ces congés ne sont pas pris en charge par l’État dans le cadre de la compensation pour activité partielle. Selon les évaluations qui circulent dans la profession et restent à affiner, le paiement des congés payés accumulés dans le cadre du chômage partiel représenterait l’équivalent de 150 millions d’euros sur l’année, voire le double.

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Consultation ouverte sur le sujet

Face au désespoir et aux difficultés du secteur, Elisabeth Borne la ministre du Travail a décidé d’ouvrir une consultation sur le sujet. Vendredi dernier à 16 heures, elle s’est entretenue pendant plus d’une heure – lors d’une réunion audio en présence d’Alain Griset, ministre des PME, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État en charge notamment du Tourisme – avec des représentants de restaurateurs (Umih et RNB) et les organisations d’employeurs (Medef, CPME, U2P).

Tout en leur assurant qu’elle était «bien consciente des difficultés», la ministre a néanmoins été très claire sur un point: pas question de revoir l’obligation de congé payé. “L’activité partielle donne droit à un congé payé, c’est un accord qui a été trouvé entre les partenaires sociaux en 2012”, a prévenu le ministre en indiquant que cela ne relevait pas d’une “décision de l’Etat”. «Ce n’était jamais notre demande», explique Didier Chenet (GNI). Selon nos informations, les syndicats interprofessionnels se sont tous mis en contact avec une éventuelle modification de l’accord.

Nouvelle réunion dans 15 jours

Plusieurs solutions ont été présentées par les organisations. L’Umih et le GNI demandent au gouvernement de permettre aux travailleurs à temps partiel de prendre leurs jours de congé pendant que les entreprises sont fermées. «Nous continuerions à recevoir l’aide accordée pour chômage partiel, soit 84% du salaire versé, mais en contrepartie l’employeur paierait 16% au salarié pour qu’il perçoive 100% de son ancien salaire les jours de congé qu’il payé. il poserait »indique Didier Chenet. Le Medef a proposé de placer le reste du congé sur un compte épargne-temps (CET), ce que d’autres organisations ont déjà refusé.

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VIDÉO. Confinement: les restaurateurs au bout de leur corde

«Dans nos secteurs, qui comptent beaucoup de petites entreprises, il n’y a pas de CET! Balayé plusieurs des participants. Idem pour un report des vacances sur plusieurs années, idée qui n’a pas non plus été retenue par les représentants des restaurateurs. L’autre piste évoquée par le CPME serait celle d’une exonération des cotisations patronales les jours de congé. La ministre Elisabeth Borne doit “étudier attentivement ces propositions” dans les prochains jours. Une prochaine réunion est prévue dans 15 jours. En attendant, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire doit à son tour les recevoir dès ce lundi à 11 heures.

Thierry Dufour

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