Guerre en Iran : Téhéran affirme vouloir combattre « aussi longtemps que nécessaire »

Alors que le conflit opposant l’Iran, les États-Unis et leurs alliés entre dans son onzième jour, les tensions militaires et diplomatiques continuent de s’intensifier au Moyen-Orient. Malgré les déclarations de Washington évoquant une possible désescalade, Téhéran affirme être prêt à poursuivre les opérations militaires, tandis que les marchés énergétiques et financiers restent fortement sensibles à l’évolution de la situation.
Un conflit qui se prolonge malgré les annonces américaines
L’ancien président américain Donald Trump a déclaré lundi soir que la guerre contre l’Iran pourrait être « bientôt finie ». Cette annonce a brièvement rassuré les marchés pétroliers et financiers, qui avaient fortement réagi aux premières heures du conflit.
Mais dès mardi, les autorités iraniennes ont rejeté cette perspective. Selon Téhéran, la décision de mettre fin aux hostilités appartient exclusivement à l’Iran. Les responsables militaires ont affirmé que les frappes de missiles se poursuivraient « aussi longtemps que nécessaire ».
De son côté, Israël n’a montré aucun signe d’un arrêt imminent de ses opérations militaires. Des bombardements ont notamment été signalés au Liban, où plusieurs zones ont été visées dans la nuit.
Les marchés de l’énergie fortement secoués
Les déclarations américaines ont immédiatement eu un impact sur les marchés énergétiques. Le prix du gaz en Europe a reculé d’environ 15 % mardi matin.
Le contrat à terme du TTF néerlandais, principale référence européenne, s’établissait à 48,21 euros par mégawattheure, en baisse de 14,61 % peu après l’ouverture des marchés.
Sur le marché pétrolier, la volatilité reste extrême. Après une flambée de près de 30 % lundi, les cours ont nettement reflué mardi :
- le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, chutait de plus de 10 % à 85,21 dollars ;
- le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, reculait d’environ 10,46 % à 88,61 dollars.
Cette instabilité reflète les inquiétudes concernant la sécurité des routes maritimes du Golfe et du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une grande partie du commerce mondial d’hydrocarbures.
Attaques et tensions dans le Golfe
Les tensions militaires se multiplient dans plusieurs pays du Golfe. Les Émirats arabes unis ont annoncé avoir été la cible d’une nouvelle attaque de drones et de missiles iraniens.
Plus tôt dans la journée :
- l’Arabie saoudite a indiqué avoir intercepté deux drones dans l’est du pays ;
- le Koweït a annoncé avoir neutralisé six drones ;
- à Bahreïn, une attaque iranienne ayant touché un immeuble résidentiel à Manama a fait deux morts.
Les Émirats arabes unis ont également signalé qu’une attaque de drone avait visé leur consulat général dans le Kurdistan irakien, provoquant des dégâts matériels.
Dans ce contexte de forte instabilité, le Pakistan a annoncé que sa marine escorterait désormais les navires marchands traversant ses eaux afin d’assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique du pays. L’armée pakistanaise évoque la nécessité de faire face à des « menaces multidimensionnelles » sur le trafic maritime régional.
Frappes israéliennes au Liban
Parallèlement, l’armée israélienne a mené plusieurs frappes dans la nuit contre des positions situées dans le sud et l’est du Liban, des zones considérées comme des bastions du Hezbollah, mouvement chiite soutenu par l’Iran.
Selon l’Agence nationale d’information libanaise, des bombardements ont visé plusieurs villages dans les régions de Tyr et de Jezzine, ainsi que des localités situées dans l’ouest de la vallée de la Bekaa.
Ces opérations illustrent l’extension du conflit à plusieurs théâtres régionaux.
L’Iran affirme sa détermination militaire
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l’Iran était prêt à poursuivre les frappes contre les États-Unis et Israël aussi longtemps que nécessaire.
Dans une interview accordée à la chaîne américaine PBS News, il a affirmé que les négociations avec Washington « ne sont plus à l’ordre du jour ».
De son côté, le porte-parole des Gardiens de la Révolution a indiqué que l’Iran empêcherait désormais l’exportation de pétrole vers les pays considérés comme alliés de ses adversaires.
Selon lui, « pas un seul litre de pétrole » ne sera autorisé à quitter la région à destination du « camp ennemi et de ses partenaires » jusqu’à nouvel ordre. Il a également affirmé que l’avenir stratégique de la région dépendrait désormais des décisions des forces armées iraniennes.
Les marchés asiatiques rebondissent
Malgré les tensions militaires, la perspective d’une éventuelle désescalade évoquée par Washington a soutenu les marchés financiers asiatiques.
Mardi :
- l’indice Nikkei à Tokyo progressait d’environ 2,5 % ;
- le Kospi sud-coréen bondissait de 4,4 % ;
- la Bourse de Taïwan gagnait 1,2 % ;
- l’indice de Singapour avançait de 1,45 %.
Les investisseurs restent toutefois attentifs à l’évolution du conflit, dont l’impact sur les flux énergétiques mondiaux pourrait avoir des répercussions économiques majeures.
Une région sous tension durable
Au onzième jour des hostilités, le conflit entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés s’inscrit dans une dynamique d’escalade régionale. Les frappes se multiplient dans plusieurs pays du Moyen-Orient tandis que les marchés énergétiques et financiers réagissent au moindre signal diplomatique.
Dans ce contexte incertain, les déclarations contradictoires entre Washington et Téhéran laissent planer le doute sur la durée réelle du conflit et sur la stabilité future de l’ensemble de la région.
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