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Une enquête du gouvernement français montre que les minorités sont victimes de discrimination pour les emplois dans les grandes entreprises

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Une enquête du gouvernement français montre que les minorités sont victimes de discrimination pour les emplois dans les grandes entreprises

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Une nouvelle étude du gouvernement français, dévoilée jeudi, a découvert une discrimination potentielle à l'égard des minorités dans les pratiques de recrutement dans sept grandes entreprises du pays, dont Renault. L'une des conclusions les plus sérieuses de l'étude, qu'un candidat avec un nom à consonance arabe a moins de 25% de chances d'être sélectionné par rapport aux autres candidats. Les entreprises impliquées ont indiqué une situation «faible» méthode, mais le sociologue Jean-François Amadieu a déclaré à FRANCE 24 que de tels cas de discrimination sont réels.

Les sept entreprises ont été "nommées et honteuses" par le gouvernement français après que son étude a fait état d'une "discrimination alléguée dans l'embauche" de candidats reconnus comme minorités ethniques ou culturelles. Les résultats montrent que les sept entreprises – Renault, Air France, Accor, Altran, Arkéma, Rexel et Sopra-Steria – préfèrent les candidats à des emplois aux noms d'origine française plutôt qu'à ceux d'ascendance nord-africaine.

"De toutes les entreprises testées, les candidats avec des noms nord-africains ont un taux de réussite estimé à 9,3%, tandis que les candidats avec des noms à consonance européenne ont un taux de réussite de 12,5%", selon l'étude. Les résultats ont également souligné que les candidats avec des noms nord-africains ont "une chance de moins de 25%" de voir même leur candidature reconnue.

Six des sept compagnies – Air France, Accor, Altran, Arkéma, Rexel et Sopra-Steria – ont contesté les conclusions de l'enquête et dans un communiqué conjoint jeudi leur "profond désaccord" et "leur indignation face à la faible méthode utilisée" et " le manque de discipline de l'étude ".

Le gouvernement français a réalisé l'étude dans 40 grandes entreprises, avec 10 349 candidats fictifs ou réels envoyant leur curriculum vitae (CV) sous différents noms et adresses: avec des noms francophones ou à consonance arabe.

Certaines entreprises ont accusé le gouvernement de partialité. Ils ont indiqué à l'AFP que les CV de certains candidats avaient été envoyés au personnel travaillant dans ces entreprises et n'avaient rien à voir avec le recrutement de salariés et des offres d'emploi déjà pourvues.

Le gouvernement a regretté que "la méthodologie de l'étude aurait éclipsé ses conclusions définitives: la discrimination, qu'elle soit intentionnelle ou non, peut exister dans notre pays", et a annoncé qu'une deuxième vague d'études ", préjuge de la première correction "aura été effectuée.

Dans une interview accordée à FRANCE 24, Jean-François Amadieu, sociologue et responsable de l'Observatoire de la discrimination, les entreprises ont déclaré qu'elles devraient mettre en place de meilleurs systèmes de recrutement, y compris des candidatures anonymes, pour garantir des conditions de concurrence plus équitables.

FRANCE 24: La discrimination fondée sur l'origine ethnique et culturelle s'est-elle détériorée en France?

Jean-François Amadieu: Je ne suis pas surpris des résultats de ce test. Dans le monde des affaires, la discrimination fondée sur l'origine culturelle et ethnique est toujours la même. Un candidat appartenant à un groupe minoritaire a en moyenne 20 à 25% de chances en moins d'être sélectionné par les employeurs. Ce chiffre est resté stable ces dernières années et est le même qu'aux États-Unis.

Par contre, nous ne savons pas quel est ce chiffre pour les petites entreprises car ces tests ont été menés sur de grandes entreprises. Il serait intéressant de mesurer la discrimination dans les petites structures, car elle est probablement beaucoup plus élevée.

La discrimination est également liée à l'activité de l'entreprise. Par exemple, elle est particulièrement forte dans l'industrie hôtelière, comme dans les secteurs qui sont en contact direct avec les clients. Le groupe Accor (propriétaire de Sofitel, Novotel, Mercure, Ibis et autres) a de nouveau été pris, ce qui n'est guère surprenant étant donné qu'il était déjà exposé en 2008. En 2017, le groupe a également été à nouveau nommé par la ministre du Travail de l'époque, Myriam El Khomry, pour discrimination.

Il ne faut pas oublier qu'il existe plusieurs types de discrimination. Nous avons 25 espèces, selon la loi française. Les deux catégories de discrimination les plus courantes sont l'âge et apparence physiqueet malheureusement, ces différents types n'ont pas été testés par le gouvernement.

Comment lutter contre ce type de discrimination?

Une mesure efficace pourrait être une loi exigeant que les demandes soient anonymes. Cette option avait été exclus par les législateurs en 2015, mais je pense que c'est la meilleure mesure possible en rendant les CV anonymes en supprimant des informations telles que l'âge, le sexe et l'adresse. Cette alternative a été couronnée de succès dans d'autres pays européens tels que l'Allemagne, la Suède et les Pays-Bas. Et il y a d'autres grandes entreprises, comme la BBC, qui l'imposent déjà.

Soit nous avons besoin de beaucoup d'informations, comme c'est le cas aujourd'hui dans les CV français, soit nous pensons que l'employeur n'a pas besoin de beaucoup d'informations. Aux États-Unis ou au Canada, nous n'avons pas de photos dans les CV. L'employeur a-t-il vraiment besoin de savoir si quelqu'un fait de l'embonpoint ou s'il vit dans un quartier pauvre ou une orientation sexuelle? Cette information n'a rien à voir avec les possibilités du candidat. De plus, les grandes entreprises disposent déjà d'un logiciel conçu pour analyser les applications en ligne afin de pouvoir facilement imposer l'anonymat.

Certaines de ces sociétés ont utilisé la «méthode faible» utilisée par l'étude, «qui a conduit à des conclusions erronées» …

La méthodologie de ce test n'a pas été spécifiquement conçue pour "nommer et faire honte". Si nous savons à l'avance que les entreprises seront mentionnées publiquement par la suite, le gouvernement doit les inclure fortement dans la recherche, afin que les résultats soient meilleurs.

Ces entreprises ont contesté l'étude et le gouvernement a reconnu ses «limites». Mais cela ne change rien au fait que les résultats montrent clairement que la discrimination est toujours importante dans notre pays.

Cet article a été adapté de l'original en français par Henrique VALADARES.

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