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Les Guinéens votent massivement pour soutenir la nouvelle constitution controversée

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Les Guinéens votent massivement pour soutenir la nouvelle constitution controversée

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La Guinée a voté pour soutenir une nouvelle constitution contestée, a déclaré vendredi l'organe électoral du pays, dans un coup porté aux opposants au président Alpha Condé, qui craignent que les réformes ne soient un stratagème pour étendre son emprise sur le pouvoir.

La proposition de modifier la constitution a été extrêmement controversée dans l'État ouest-africain, entraînant des manifestations de masse qui ont tué 32 personnes, selon un décompte de l'AFP.

Le président indépendant de la Commission électorale nationale, Amadou Salifou Kebe, a déclaré aux journalistes que 91,59% des voix avaient voté en faveur de la nouvelle constitution, tandis que 8,41% avaient voté contre.

Le taux de participation a été de 61%, a-t-il ajouté, affirmant qu'il s'agissait de chiffres préliminaires.

Le vote était initialement prévu pour le 1er mars, mais a été reporté au 22 mars en raison des critiques internationales sur son équité.

Les autorités ont poursuivi, suite à l'avis du bloc ouest-africain de la CEDEAO, qui a supprimé environ 2,5 millions de noms non vérifiables du registre électoral.

Le jour du scrutin a été marqué par la violence, avec des dizaines de bureaux de vote pillés à travers le pays et, selon l'opposition politique du pays, des dizaines de tués.

Les autorités ont déclaré que seules quelques personnes sont mortes le jour du scrutin et que le vote s'est déroulé dans le calme.

Cependant, dans un signe d'impatience envers le gouvernement étranger de Condé, la France, les États-Unis et les Nations Unies ont tous exprimé des réserves sur le vote du 22 mars.

La France, ancienne puissance coloniale, a condamné cette semaine les violences liées aux élections en Guinée, affirmant que le vote n'était pas crédible.

Les États-Unis ont également déclaré cette semaine que la situation en Guinée était préoccupante et partageait les préoccupations internationales concernant l'équité du vote et l'absence de dialogue politique à ce sujet.

Le Représentant spécial des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, a également publié un communiqué indiquant qu’il suivait les événements "avec une grande inquiétude".

Eric Humphery-Smith, analyste principal chez Verisk Maplecroft, consultant en risques, a déclaré que le résultat des élections n'était «pas une surprise» mais que l'ampleur de la victoire du président était.

"Le résultat est une victoire pour Condé, qui lui permettra de faire face à ce précieux troisième mandat", a-t-il déclaré.

Troisième mandat

Le résultat pourrait ouvrir la voie à Conde, 82 ans, pour poursuivre un autre mandat lorsque son deuxième s'épuise cette année en contournant les limites de mandat.

Condé, ancien personnage de l'opposition emprisonné sous les régimes sévères précédents, est entré dans l'histoire en 2010 en tant que premier président démocratiquement élu dans un pays aux antécédents chroniques de coups d'État militaires et de troubles.

Les électeurs l'ont renvoyé au pouvoir en 2015 pour son deuxième et dernier mandat de cinq ans en vertu de la constitution actuelle, mais les critiques disent qu'il est devenu de plus en plus autoritaire.

Le gouvernement soutient que la constitution doit être mise à jour pour inaugurer les changements sociaux indispensables, en particulier pour les femmes.

Les réformes comprendraient l'interdiction des mutilations génitales féminines et du mariage entre mineurs et l'octroi de droits égaux aux maris en cas de divorce.

Le projet de charte limiterait les mandats présidentiels à deux, mais les prolongerait à six ans.

Les critiques craignent toutefois qu'une nouvelle constitution ne remette en fait à zéro le mandat présidentiel, ce qui pourrait permettre à Condé de gouverner pendant encore 12 ans.

Condé lui-même n'a pas nié pouvoir utiliser les modifications proposées pour rechercher un autre terme.

Opposition opprimée

Le résultat du référendum augmentera également la pression sur l'opposition politique assiégée en Guinée.

Les principaux partis d'opposition boycottent le référendum – et les élections législatives du même jour – en faisant valoir que les manœuvres de Condé équivalaient à un «coup d'État constitutionnel».

L'ancien Premier ministre et leader de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, a déclaré la semaine dernière à l'AFP "qu'il n'y a aucune raison de dire que ce vote sera transparent et équitable".

L'attention se portera désormais sur les élections présidentielles en Guinée, qui devraient avoir lieu à la fin de cette année.

Condé a déclaré aux médias français qu'il n'y avait "rien de plus démocratique" que la tenue d'un référendum et qu'il appartenait à son parti de décider s'il allait redevenir président.

(AFP)

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