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Les dépenses d'urgence liées au coronavirus “ représentent deux ans de financement climatique '', explique le climatologue Jean Jouzel

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Les dépenses d'urgence liées au coronavirus `` représentent deux ans de financement climatique '', explique le climatologue Jean Jouzel

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Le climatologue français Jean Jouzel dit que la réponse mondiale rapide à la crise des coronavirus peut aussi être bonne pour le climat: cela montre que les nations en situation d'urgence réelle ont les moyens et la volonté d'agir. "Il est tout aussi urgent de s'attaquer au problème du climat", dit-il.

Maintenant que les usines sont fermées, que les compagnies aériennes sont clouées au sol et que les rues ont été nettoyées à la suite du coronavirus, nos besoins énergétiques en charbon et autres combustibles fossiles ont considérablement diminué en Chine et au-delà.

Les experts anticipent COVID-19 épidémie entraînera une baisse temporaire de la émissions de carbone mais craignez que le blip ne soit suivi à court terme par une reprise agressive que certains ont déjà accusée de vengeance. maintenant que l'activité augmente à nouveau.

FRANCE 24 & # 39; s Mairead Dundas, hôte de la "Simplement"programme, demande leader français climatologue et ancien vice-président de l'ONU Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat Jean Jouzel ou le virus corona entraînera un changement durable dans les efforts de lutte contre la crise climatique.

La région est-elle le «grand gagnant»? de la crise des coronavirus?

Oui, d'une certaine manière, l'environnement est le bénéficiaire de la crise des coronavirus, mais malheureusement seulement temporairement. Cela profite de deux manières. Tout d'abord en ce qui concerne la pollution urbaine – c'est le cas à Paris, mais aussi dans les villes chinoises. Et deuxièmement en termes d'émissions de CO2: la Chine émet normalement 200 millions de tonnes de CO2 par semaine, mais au cours des deux dernières semaines de février, elle a enregistré environ un quart moins de CO2 [émissions]. Le monde a donc évité 100 millions de tonnes de CO2 en deux semaines.

Peut-on s'attendre à un effet de retour sur les émissions de CO2?

Oui, le problème est l'effet de rebond lorsque les choses reviennent à la normale. La Chine va redémarrer très bientôt. Il existe un risque réel que la diminution des émissions de CO2 que nous avons constatée ces dernières semaines soit compensée dès la reprise. C'est ce qui s'est produit en 2008 avec la crise financière. Les émissions chinoises ont diminué en 2008 et augmenté à nouveau en 2009. Je crains que ce ne soit la même chose, que si nous faisons le bilan des émissions de CO2 de la Chine au cours de l'année 2020, il n'y aura pas de véritable diminution.

Si ces problèmes de santé et la crise économique qui en résulte persistent tout au long de l'année, une réduction de 25% des gaz à effet de serre aura des conséquences naturelles. Du point de vue d'un climatologue, ce serait important, mais évidemment aucun scientifique n'espère que cette crise sera suffisamment importante pour ralentir les émissions de la Chine toute l'année.

Cela dit, il est essentiel pour limiter le réchauffement climatique. Pour avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à 1,5 ° C par rapport à l'ère préindustrielle, tous les pays doivent réduire de moitié leurs émissions entre 2020 et 2030, soit une baisse de 7% par an. Et nous en sommes loin.

En quelques jours, beaucoup a été fait pour lutter contre ce virus. Faut-il en faire autant pour le climat?

Ce que je vois en tant que climatologue aujourd'hui, c'est de l'espoir: 45 milliards d'euros viennent d'être affectés à l'aide économique aux entreprises. Pour réaliser la transition climatique en France, on estime que 20 milliards d'euros supplémentaires doivent être injectés annuellement. Imaginez ce que nous faisons pour le virus, c'est deux ans de financement climatique. Nous devons dépenser autant d'argent que possible pour le climat. Nous n'avons pas cet argent, nous créons des dettes. C’est exactement ce que nous proposons avec le Pacte de financement climatique avec [économiste et activiste climatique] Pierre Larrouturou. L'élargissement du déficit peut être une façon de faire les choses, et c'est exactement l'approche adoptée pour la crise sanitaire actuelle.

Y aura-t-il moins d'argent maintenant pour lutter contre le changement climatique?

Il y a deux façons de voir les choses. Soit le verre est à moitié vide – nous avons dépensé de l'argent pour lutter contre le coronavirus, donc nous ne pouvons rien faire d'autre – soit le verre est à moitié plein. Cela montre qu'en cas de véritable urgence, les Etats – la France et l'Europe – ont les moyens d'agir. Il est tout aussi urgent de s'attaquer au problème climatique. Cela nécessite des investissements. S'il est disponible pour des problèmes de santé, ce qui est parfaitement normal et indispensable, le même argument peut être utilisé pour lutter contre le réchauffement climatique.

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